Cela ne ressemble pas à un cadeau et la plupart d’entre nous préféreraient ne pas le recevoir. Et pourtant, elle est là, quotidiennement, à nous regarder en face. Serait-ce une prière du « pain quotidien » adressée à Dieu ? Et si nous lui demandions la grâce de choisir de considérer la solitude comme un don de sa part ?
Vous me direz peut-être, mais je n’aime pas le sentiment de solitude ! Je suis d’accord. Mais aimez-vous la sensation de faim ou de soif ? Nous n’en voulons généralement pas, mais nous leur en sommes reconnaissants. Bien qu’ils soient inconfortables, ils nous poussent vers ce dont nous avons besoin. Si quelqu’un n’a pas d’appétit ou a une sensation de déshydratation, il est en crise de santé. La faim et la soif nous poussent à rechercher la satisfaction de ces désirs. La solitude est une faim relationnelle. Il reste inconfortablement au fond de nos âmes. Nous pouvons l’ignorer, le distraire, le satisfaire de manière pécheresse, lui en vouloir ou le haïr. La clé est d’en tirer parti en le considérant comme un cadeau et en y répondant correctement.
A quoi ça ressemble ? La solitude crée de l’énergie interne. C’est une émotion forte. J’y réponds négativement, et même de manière pécheresse, en faisant face à la douleur de manière pécheresse ou destructrice. Ou je peux exploiter cette énergie comme motivation pour un engagement plus profond avec Dieu et les autres. Cela nécessite de la discipline et de la maîtrise de soi, car ma chair pousse à des réponses autodestructrices.
Les États-Unis continuent de souffrir d’incidents de fusillades et de meurtres de masse. Après l’événement, les autorités enquêtent sur les raisons pour lesquelles les tireurs commettent un tel mal. Le dénominateur commun de la plupart des tireurs de masse est qu’ils sont solitaires. Leur éloignement des relations qui leur donneraient la vie les amène à prendre l’énergie de la solitude et à l’utiliser de manière tragique et destructrice.
La théologie chrétienne explique « pourquoi » nos désirs intérieurs transforment si facilement la solitude en arme.
« Mais moi, je dis : marchez par l’Esprit, et vous ne satisfaireez pas les désirs de la chair. Car les désirs de la chair sont contre l’Esprit, et les désirs de l’Esprit sont contre la chair, car ils s’opposent les uns aux autres, pour vous empêcher de faire les choses que vous voulez faire » (Galates 5 : 16-17).
La solitude crée de l’énergie interne.
La chair est notre nature restante, notre « péché intérieur ». C’est un ennemi spirituel persistant à l’intérieur qui saisit toute opportunité, tentation ou habitude de vie et l’utilise comme arme contre nous et contre le bon dessein de Dieu en nous. Il est essentiel de comprendre comment fonctionne notre ennemi intérieur. Notre chair est une force active qui recherche notre douleur et notre chagrin spirituels. Il déteste Dieu et appréhendera le moindre pincement de solitude et cherchera à l’amplifier en amertume, jalousie et ressentiment.
Une fois que la solitude pénètre dans le côté inférieur de notre nature, il est très difficile de la considérer comme un cadeau car elle produit les pires émotions humaines. La peur de ressentir toujours cela est ancrée dans une solitude malsaine. Tout comme la faim peut se transformer en gourmandise et la soif en alcoolisme, la solitude est facilement transformée en arme en nous.
Pascal rembobine la solitude à sa source :
Qu’est-ce donc que nous annoncent ce désir et cette incapacité, sinon qu’il y eut autrefois dans l’homme un vrai bonheur dont il ne lui reste plus que la marque et la trace vide, qu’il tente en vain de remplir de tout son entourage, cherchant dans les choses absentes le secours qu’il n’obtient pas dans les choses présentes ? Mais tout cela est insuffisant, car l’abîme infini ne peut être rempli que par un objet infini et immuable, c’est-à-dire uniquement par Dieu lui-même.
Ce que Pascal décrit comme un trou dans notre cœur, Augustin a dit : « Notre cœur est agité jusqu’à ce qu’il repose en toi. »7 Si ce chapitre vous décourage, réalisez que vous, naturel, ne pouvez pas transformer la solitude en bénédiction. C’est toujours une malédiction et un fléau. Pour certains, ils s’isolent dans la nature, au sens propre ou figuré. D’autres subissent leur souffrance de manière violente et tragique.
L’histoire de l’humanité raconte à quel point le trou dans le cœur fait mal. Comment peut-on le remplir ? Comment trouver le repos d’Augustin ? L’histoire de la solitude est étroitement liée à l’histoire de la rédemption. L’Évangile est la solution ultime de Dieu à notre solitude.

